Baromètre « Housing Adaptation Observatory »

- CET

Télécharger le communiqué

FACE AUX CANICULES, LES LOGEMENTS NE SONT PAS PRÊTS, CE QUI A UN IMPACT SUR 71% DES FRANCAIS

La France entre dans une nouvelle réalité climatique sans y être préparée. D’ici 2030, le nombre de logements exposés aux fortes chaleurs devrait plus que doubler, passant de 9,4 à 21 millions. Et les effets se font déjà sentir : 71 % des Français déclarent que la chaleur affecte au moins un aspect de leur vie quotidienne, notamment leur sommeil, leur bien-être ou leur santé physique.

Pourtant, les Français restent encore largement sous-équipés et peu préparés pour y faire face.
C’est ce que révèle le premier baromètre « Housing Adaptation Observatory », réalisé par Somfy et l’institut Verian auprès de 2000 Français, qui analyse le rapport des Français à leur logement face aux transitions climatiques, à travers leurs équipements, leurs usages et leurs intentions d’adaptation.
Les résultats mettent en lumière un paradoxe croissant : alors que la prise de conscience progresse, les réponses privilégiées — notamment la climatisation — risquent d’aggraver le problème sur le long terme.


Des logements mal préparés aux fortes chaleurs, et un tiers des Français déjà fortement impactés

Si 9 Français sur 10 se disent satisfaits de leur logement, le confort thermique apparaît désormais comme un point de fragilité majeur : 25% des Français se déclarent insatisfaits du confort en été. Plus inquiétant encore, 34 % estiment déjà que leur logement n’est pas adapté aux vagues de chaleur actuelles.
Cette vulnérabilité ne concerne pas uniquement les logements les moins performants : même parmi les habitations bien isolées, 20 % des occupants considèrent leur logement inadapté aux épisodes de canicule.

Pensé historiquement pour protéger du froid, le parc immobilier français peine désormais à répondre aux épisodes de chaleur extrême. L’émergence des “bouilloires thermiques” ces dernières années en est le reflet. Une situation d’autant plus alarmante que 80% des logements qui existeront en 2050 sont déjà construits. 
Autre enseignement majeur : la chaleur s’impose déjà comme une source de gêne au quotidien. Selon l’étude, 71% des Français déclarent qu’elle affecte au moins un aspect de leur vie, en premier lieu leur sommeil. Le phénomène est encore plus marqué chez les habitants d’appartements (78 %) et de petits logements (86 %).

Des écogestes connus… mais imparfaitement appliqués

Face aux épisodes de chaleur, les Français connaissent globalement les principaux écogestes. Ainsi, 82 % déclarent ouvrir leurs fenêtres tôt le matin ou la nuit pour rafraîchir leur logement.
En revanche, 54 % ne ferment pas systématiquement leurs volets ou stores avant l’exposition au soleil, alors même qu’il s’agit de l’un des gestes les plus efficaces pour limiter la surchauffe.
Car rappelons-le, en cas de canicule : il faut commencer par empêcher la chaleur d’entrer, avant de chercher à l’évacuer !

Par ailleurs, si les Français cherchent de plus en plus à adapter leur logement aux fortes chaleurs, leur niveau d’équipement reste encore limité. Certes, 91 % des logements disposent de volets ou de persiennes. Toutefois, cela ne signifie pas que l’ensemble des fenêtres exposées sont équipées de protection solaire, ni que les équipements existants soient pleinement fonctionnels. A ce titre, il est révélateur que 17,5 % des répondants déclarent utiliser des couvertures de survie sur leurs vitrages pour tenter de limiter la chaleur.
En outre, volets et stores restent majoritairement utilisés manuellement : c’est le cas pour 52 % des équipements, contre seulement 7 % qui sont automatisés. Pourtant, l’automatisation constitue un levier essentiel pour garantir une protection solaire réellement efficace, notamment en cas d’absence du domicile.

La climatisation s’impose comme le réflexe dominant

Faute de logements adaptés et de véritable stratégie d’adaptation publique, les Français se tournent de plus en plus vers des solutions de refroidissement actives, comme la climatisation. Aujourd’hui, plus d’un tiers d’entre eux (34 %) déclare posséder un système de climatisation fixe (PAC air-air) ou mobile, contre seulement 14%2 il y a dix ans. Et l’installation d’une climatisation apparaît désormais comme la solution la plus envisagée pour mieux faire face aux fortes chaleurs.

Cette progression rapide soulève plusieurs enjeux : hausse des dépenses énergétiques pour les ménages, renforcement des inégalités entre les foyers pouvant s’équiper et les autres, mais aussi aggravation des îlots de chaleur urbains avec l’air chaud rejeté à l’extérieur.

Pourtant, des alternatives existent. Les protections solaires automatisées (volets, stores, brise-soleil) permettent de bloquer jusqu’à 80 % du rayonnement solaire. Elles peuvent ainsi réduire jusqu’à 70 % les besoins en climatisation et limiter les surchauffes de 4 à 7 °C en période de canicule. Associées à une ventilation efficace, elles permettent de limiter fortement les surchauffes et de réduire les besoins en climatisation.

Le coût reste le principal frein à l’adaptation 

Un tiers des Français envisagent de réaliser des travaux pour mieux adapter leur logement à la chaleur. Pourtant, seuls 8 % se disent réellement prêts à passer à l’action. Le principal frein reste financier : un Français sur deux cite le coût comme premier obstacle.

Viennent ensuite le statut de locataire (28 %) et le manque d’information sur les aides disponibles (18%). Si les contraintes techniques (liées notamment à la configuration du logement ou aux autorisations nécessaires) sont citées par 11 % des répondants, cette proportion atteint 23% pour les logements construits avant 1948. Dans ces bâtiments, l’installation de volets ou de stores est plus souvent contrainte, voire empêchée, par les règles de protection du patrimoine.

Malgré leur efficacité reconnue, seuls 1 Français sur 10 envisagent d’investir dans des protections solaires au cours des deux prochaines années. Et rares sont ceux qui savent que la réglementation impose l’installation de protections solaires sur toutes les baies exposées lors de la mise en place d’un système de refroidissement (article 30 de l’arrêté du 3 mai 2007). Une obligation encore largement méconnue, peu respectée et quasiment jamais contrôlée.
 

 « Les résultats de ce baromètre sont un signal d'alarme. Nous continuons à rénover les logements comme si le principal risque climatique restait le froid. Mais l’adaptation des logements se joue dès maintenant car les rénovations sont pensées pour les 30 prochaines années. L’enjeu n’est pas d’opposer les solutions, mais de mieux hiérarchiser les réponses : il faut d’abord empêcher la chaleur d’entrer dans les logements avant de recourir au refroidissement lorsque cela devient nécessaire. » précise Bruno Barlet, Directeur RSE du Groupe SOMFY.

« Nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur une filière française déjà structurée, avec des solutions produites localement et des milliers d’artisans qui peuvent intervenir partout sur le territoire. Les solutions existent, les savoir-faire aussi. Il faut désormais les déployer plus largement. Cela passe par des aides publiques ciblées sur des gestes de confort d’été efficaces et rapides. » complète Bruno Capdordy, Directeur de Somfy France.